Et la formation DIF dans tout ça ? (1)
Continuellement remise au devant de la scène, la formation des “adultes” reste un débat plus ou moins politique régulièrement abordé quand la courbe de chômeurs remonte à la hausse. Typiquement traité comme un sujet universitaire la plupart du temps, il ne passionne pas vraiment le “peuple”.
Pourtant, petit à petit, les Français découvrent que le diplôme d’origine ne suffit plus à garantir un job pour toute la vie. De plus, au rythme de la technologie actuelle, ce diplôme ne veut plus dire grand chose. Certes, vous avez suivi quelques stages imposés par vos employeurs mais ont-ils amélioré votre employabilité dans le cas où vous seriez dans la prochaine charrette ?
La vie professionnelle n’est plus un long fleuve tranquille. Aujourd’hui au premier licenciement , on découvre que notre employabilité demande une remise en question sur nos propres valeurs, nos propres désirs de devenir quelqu’un en ce monde.
Bien que nous aimerions tous gagner au loto, nous savons tous que sans une vie professionnelle valorisante, nous nous sentons comme ne valant plus grand chose, pour ne pas dire rien pour les plus démotivés.
A chaque fois que nous nous retrouvons à la case départ, il faut tout recommencer pour prouver que l’on vaut quelque chose et que l’on est toujours à la page, sans oublier que nous sommes forcément toujours en pleine possession de nos capacités aussi bien physiques qu’ intellectuelles.
A chaque fin de contrat, on se retrouve presque comme un nouveau-né qui ne sait plus dans quel monde il s’est incarné. Il faut tout réapprendre ! A commencer par sourire, dire bonjour aux inconnus que l’on croise dans les salons, les expos, les lieux de rencontres professionnelles, les ANPE et consoeurs.
Il faut faire la courbette et taire ses colères face à des administrations qui vous traitent comme du bétail. Il faut se justifier, fournir des preuves et répondre à des questions tellement basiques que vous avez presque l’impression que l’on vous prend pour un attardé profond.
D’un seul coup, vous découvrez que ce que vous pensiez pour acquis ne l’est plus du tout. Vous découvrez ce que le mot précarité veut dire. Avant , vous en aviez peur et cela vous permettait peut-être de faire grève en descendant dans la rue mais, maintenant , vous y êtes… dehors et sans les banderoles !
La grève vous y est interdit sous peine de ne plus recevoir vos assedics. Vous n’avez plus vraiment de droit sauf celui d’obéir à des “planqués” de la fonction publique. Alors, en 15 mn d’entretien avec un agent qui ne connait pas grand chose voire rien du tout à votre parcours professionnel, vous vous retrouverez en stage de je ne sais quoi afin de leur faire plaisir et ainsi de sauvegarder vos pauvres allocations.
Alors que faisiez-vous pour conserver votre employabilité pendant que vous aviez un job ? Rien ou si peu. C’était tellement plus sympa de faire autre chose, d’aller en vacances, de socialiser, de regarder la télé, etc… Et puis, après tout, n’aviez-vous pas délégué votre cursus au bon vouloir de votre patron ?
A lui de décider, dans un plan de formation annuel, de vous envoyer où bon cela l’arrangeait afin que vous soyez plus productif. Super mais cela allait-il vraiment dans le sens de l’évolution de vos compétences, de vos aptitudes, de vos envies, de vos objectifs ?
Aujourd’hui, la donne a changé, l’entreprise vit au jour le jour. Aucun dirigeant d’entreprise n’est capable aujourd’hui de faire un prévisionnel à 3 ans. La seule certitude qu’il essaiera d’avoir sera de réaliser ce qu’il a annoncé à ses actionnaires pour le prochain bilan. Point barre !
Et vous là -dedans : Un pion parmi d’autres ! Vous qui pensiez que votre employeur avait un plan de carrière pour vous. Comment voulez-vous qu’il fasse puisque lui-même ne sait pas vraiment où il va ? Un aveugle ne peut guider un autre aveugle.
Vous saurez qui a été le dindon de la farce seulement quand vous ressentirez la brûlure du four de l’indifférence et que votre odeur de chômeur fera fuir les employeurs qui majoritairement ignoreront tous vos courriers ou tentatives de contact. Vous pourrez alors pester contre les patrons, les institutions, les politiciens et tout le tutti quanti mais surtout ne vous oubliez pas !
Sachez qu’à cet effet, une loi, votée en 2004 et opérationnelle en mai 2005, vous donne le droit de suivre des formations en dehors de vos heures de travail (sauf accords particuliers) et qui sont payées par votre entreprise. Cette “Formation Tout au Long de la Vie” vous crédite de 20h ou 3 jours par an avec un cumul maximum de 120h.
Ce droit, dont à peine 2% des salariés ont bénéficié en 2007 s’appelle le DIF : le Droit Individuel à la Formation. A ce jour, vous avez probablement accumulé 80h de formation, le saviez-vous ? Pour en savoir plus, tapez DIF dans un moteur de recherche et vous aurez toutes les informations.
N’attendez pas d’être sur le carreau pour vous former. Prenez votre destin en main en suivant des formations qui vous tiennent à coeur tout en sachant que ce que vous choisirez ne doit pas forcément être dans la même mouvance que l’activité que vous avez aujourd’hui.
Votre employeur a des obligations comme vous faire passer des entretiens professionnels. Non, non pas des entretiens annuels mais des entretiens spécifiques au DIF mais où l’on parle aussi de bilan de compétences, de passeport formation et de VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) c’est-à -dire la capacité de transformer une expérience en équivalent diplôme.
Prenez votre destin en main avant que ce soit lui qui le fasse !
Et puis, si vous n’êtes pas salarié, la notion d’employabilité c’est-à -dire celui d’offreur de service en accord avec une demande vous est probablement très familière. La formation est la seule arme qui vous permettra de vous maintenir à jour afin de rester en phase avec la demande. Encore faut-il le vouloir !
Ne comptez pas sur votre employeur pour vous garantir un job stable, pas trop dur, assez bien payé et avec suffisamment de vacances. Si vous pensez que cela est possible, dépêchez-vous d’aller concourir dans la fonction publique car l’Etat est la seule entreprise qui peut vivre au-dessus de ses moyens, d’être déficitaire tous les ans, de ne pas avoir les huissiers au derrière et de pouvoir emprunter comme elle veut.
Laurent DUREAU
Article appartenant au recueil : RC11 - Employabilité
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Tags :capital humain, dif, employabilité, enseignement, expérience, peur
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Catégorie : 4-Formation

















Bonjour Laurent, tu abordes là un sujet qui me tient à coeur : la formation et le DIF. Dans l’entreprise qui m’emploie, depuis l’apparition du DIF, il n’y a plus de formations de prévue, il n’y a jamais eu d’entretiens d’aucune sorte. Je travaille dans un supermarché dans une région touristique, l’an dernier j’ai voulu “réactiver” mon anglais, cela ne correspond pas à l’objectif de l’entreprise! Mon mari qui travaille dans le même secteur d’activité mais dans une entreprise différente voulait, dans le cadre du DIF, valider son expérience professionnelle par une licence pro (en n’ayant à l’origine qu’un CAP) et bien, cela ne fait pas non plus partie des priorités de son entreprise! Alors, le DIF, à quoi et à qui ça sert????
Heureusement, mes envies de formations, je choisis de me les offrir, quitte à faire quelques sacrifices financiers ; je ne pars pas en vacances et je prends des cours d’anglais, je vais aux cours du soir du CNAM pour étudier le droit du travail.J’achète des livres et je surfe! Bref, j’aime apprendre et je me débrouille pour le faire! et mes heures de DIF restent intactes!
C’est vrai que les emplois à vie ont fortement diminué mais outre l’ensemble des fonctionnaires, il reste quelques ilots protégés comme certaines professions libérales (médecin) ou des spécialistes dans des secteurs rentables et qui évoluent doucement.
Pour tous les autres, il faut se dire que le job à vie du fonctionnaire amène aussi du stress quand l’employé végète sans aucun avancement. C’est une opportunité d’apprendre et de trouver un emploi qui nous conviendra peut être mieux.
Bonjour Brigitte,
La situation que tu décries est malheureusement la vérité
Aujourd’hui, les entreprises ont tellement peur du DIF qu’elles freinent des 4 fers pour que rien ne se passe. Non pas qu’elles soient contente que leurs employés se forment et deviennent plus performants. Non, c’est juste un histoire d’argent et d’organisation.
Comme c’est un coût supplémentaire, leur premier réflexe est d’abord de réduire à minima le budget de la formation continue puis ensuite de dire non à toutes les demandes de DIF et enfin de ne faire aucune communication à propos du DIF. C’est la politique totale de l’autruche en attendant que le vent passe.
Malheureusement pour elles, le mouvement va se durcir d’abord par ce qui est en train de se passer en ce moment dans les tractations entres les syndicats et le gouvernement. La transférabilité du DIF d’une entreprise à une autre va leur faire mal d’autant plus que les compteurs continuent à engranger les points.
Pour ne pas faire lourd dans ce commentaire, je ferais un article à propos du DIF dans le courant du mois de janvier. Je connais bien l’affaire puisque j’y suis mouillé tous les jours…
Le DIF parlons-en !
Je ne m’en suis effectivement peut-être pas préoccupée à temps (manque de pro-activité sans doute à l’époque où j’étais salariée, bien au chaud, sans penser à ma future employabilité) et ai dû y songer au moment de mon licenciement, car j’avais malgré tout “droit” à ces 60h de formation DIF ayant passé presque 6 ans dans la société.
Deux remarques :
- Je ne savais pas que l’on pouvait demander une formation qui n’avait rien à voir avec son poste ! Cela a toujours semblé très problématique pour l’employeur, qui répondait qu’il n’y avait que les bilans de compétences, les VAE et les formations langues ou des formations sur les logiciels Word, Excel, Powerpoint (principalement…) financées et proposées par les OPCA.
- Il y a une grande différence par rapport à la formation DIF quand on est salarié et quand on est licencié. En effet, une monétarisation s’effectue, on prend 50% de votre salaire journalier que l’on multiplie par le nombre d’heures auxquelles vous avez droit. Pour ma part, mes 60h équivalaient à 458€ (alors qu’il me fallait 5500€ pour faire mon bilan de compétences sur 24h et mon perfectionnement en anglais sur 36h !!). Résultat des courses : mes 60h auxquelles j’avais “droit” se sont transformées en 7h, que j’ai utilisé pour faire de l’anglais.
LA-MEN-TA-BLE…..
Il est évident que maintenant, lorsque j’aurais retrouvé un CDI (je fais de l’interim pour le moment, qui se termine le 15 février, et serai donc de nouveau “demandeur d’emploi”), je ne tarderai pas à faire valoir ce droit, précieux, en étant salariée, sans attendre d’être licenciée.
Et effectivement, pour parler plus généralement, très peu de personnes s’en préoccupent et décident de “prendre leur vie et leur carrière en main”. Même si je n’aime pas trop cette notion de carrière (car je ne me vois pas du tout carriériste), mais en tout cas de choisir d’évoluer et de consolider ses connaissances, ses compétences, et d’explorer son potentiel, ça, cela me parait vital et indispensable, encore faut-il le vouloir et bouger son c…. !
Mon licenciement en mars 2007, même s’il a été particulièrement mal vécu (et pas tout à fait digéré d’ailleurs….) car “licenciement pour insuffisance professionnelle” après 6 ans dans le poste que j’occupais, avec des responsabilités et une mission qui n’ont cessé d’évoluer, c’est un peu dur à avaler (bref, je ne rentrerai pas dans les détails de ce drôle de tour que l’on m’a joué…), m’a permis de réaliser un certain nombre de choses et d’appréhender le travail et la formation sous un autre angle. Prendre son destin en main, c’est capital ! Etre acteur et plus spectateur.
Un seul mot d’order : BOUGER. Bouger pour évoluer, pour s’enrichir, pour découvrir de nouvelles facettes, de nouvelles voies, de nouvelles orientations.
C’est mon actualité même si je ne sais pas encore où je veux aller ni où je vais me retrouver ! Le mouvement est en marche, la volonté aussi et c’est le principal.
Merci Laurent. Heureuse de te connaître !
J’ajouterai juste que j’ai quand même la chance de pouvoir faire mon bilan de compétances grâce à l’ANPE, en tant que “demandeur d’emploi” (et non dans le cadre de la formation DIF) et ceci n’est pas négligeable (même si ce n’est pas l’organisme que j’avais identifié avec une super consultante que j’avais rencontré, cet organisme n’étant malheureusement pas dans la “liste” de l’ANPE…). J’ai la chance d’avoir actuellement une personne qui n’est pas mal du tout pour m’accompagner dans cette démarche de bilan approfondi de compétences.
C’est super d’avoir obtenu ce bilan de compétence ! Il faut dire que seule l’ANPE peut donner droit à un Bilan à un prix modique (de mon temps, quand j’étais cadre j’avais payé 500 Francs Français sur les 3.000 demandés car ils étaient réservés uniquement aux personnes inscrites à l’APEC - l’ANPE version cadre).
Aujourd’hui, je ne connais plus les modalités d’obtentions et tarifaires. En tous cas, je le conseille fortement depuis que j’ai fais le mien il y a déjà 10 ans…
C’est vrai que tout cela ne me rajeunis pas mais lui, le bilan de compétence, va se faire rajeunir sous peu car sa forme actuelle en termes de financement est remise en cause.
La nouvelle mouture du DIF ainsi que ce qui se trame dans les tuyaux actuellement vont faire que ce bilan sera accessible non plus aux seuls demandeurs d’emploi mais à tous, y compris les salariés en poste et quelque soit leur grade ou fonction.
Enfin on commence à prendre les dispositions nécessaires pour travailler véritablement son employabilité. ET la première étape demande de faire un bilan car où voulez-vous aller si vous ne savez pas d’où vous partez et avec quelles valises ?
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