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Le destin n’est pas un chemin, ni même une route…

Destin Pour faire suite à mon article de lundi (La conception c’est bien mais loin d’être suffisant), j’aimerais préciser à propos du destin. Les Occidentaux, avec leur culture religieuse basée sur le péché et la culpabilité, se font une idée malheureusement erronée du destin.

Il est vrai qu’à force de prendre les coups, on peut s’imaginer qu’un “malin” nous veut du mal et qu’il nous faut assumer un destin pour expier probablement des fautes issues dont on ne sait d’où. Subir et encore subir, fait que l’on a l’impression de rouler avec un frein à main et une remorque bien chargée.

C’est vrai que le plus gros frein à main que je connaisse est la culpabilité. Arme favorite du catholicisme, elle a engendré des souffrances terribles aux croyants. Des centaines de générations, pendant des siècles et des siècles, ont subi ce joug totalement dogmatique et réducteur.

Le premier qui sortait du rang était systématiquement rangé dans la classe des hérétiques et emprisonné dans des geôles peu propices au bien-être. Dans l’attente d’un jugement totalement déterminé d’avance, il priait très fort pour ne pas finir sur un bûcher.

Fort de cette culture très enrichissante et épanouissante, l’occidental s’est construit une définition particulière du destin. Mise en exergue dans les contes de fées, la notion de destin s’est chargée d’un fatalisme à l’épreuve du doute. Plus tard, le mot karma apparu et l’amalgame fut vite fait.

Certains, au destin royal, reçoivent ce qu’ils méritent pendant que 99,99% des autres trinquent pour assurer leur survie. Alors démêlons cette notion simplement, afin de nous libérer de cette armure si lourde, si vieille, si rouillée et totalement obsolète.

Le destin n’est pas une route, ni un chemin, ni une vallée mais seulement quelques passages obligés que l’âme veut expérimenter dans la matière. Si l’on représente géographiquement la chose, c’est comme si vous partiez de Paris pour aller à Pékin.

A votre naissance, vous possédez une carte blanche (mais loin d’être vierge et innocente) indiquant où vous êtes né. Aucune destination finale n’est mentionnée ainsi que le chemin qu’il faut prendre. Vous allez donc commencer à quatre pattes à explorer l’environnement immédiat.

Puis au fur et à mesure de vos expériences, et de votre verticalisation, vous aurez de temps en temps des indices qui vous interpelleront. Soudainement, une photo, un lieu, un nom apparaîtra sur l’écran de contrôle. Selon l’âge que vous avez, ces éléments prendront une importance plus ou moins particulière.

Normalement vers 7 ans vous aurez acquis les grandes directions d’une manière assez inconsciente. Puis à chaque fois que vous aurez à prendre une décision, à chaque bifurcation qui se présentera devant vous, vous ferez appel à deux choses : votre mental qui réfléchira et votre petite voix intérieure qui parlera très faiblement.

Alors fort de votre libre arbitre vous allez trancher en fonction de ces deux éléments. Soit vous ferez du mental pur, soit de la petite voix pure ou soit un mix des deux. C’est vrai que selon le contexte, le mélange va varier. Une décision amoureuse ne se décide pas comme une décision professionnelle.

Pour l’instant, il n’y a aucun destin dans cette histoire mais juste une façon de prendre vos décisions. Certains privilégieront le mental et d’autres les intuitions. Le problème de l’intuition est que l’on ne comprend pas d’où cela sort et donc le doute est vraiment permis. Réciproquement, le mental paraît plus sûr et pourtant le doute est là car nous ressentons que nous sommes loin d’avoir toutes les informations suffisantes pour trancher.

Alors faut-il faire passer le mental avant l’intuition, la petite voix ou l’inverse ? C’est en répondant honnêtement à cette question que vous saurez pourquoi certains sont chanceux alors que d’autres le sont nettement moins. De là découlera ceux qui ont un destin “heureux” et d’autres nettement moins heureux.

Pour aller à Pékin, vous pouvez prendre l’avion jusqu’à Abhu Dhabi puis un bateau. Ou préférer le dos d’un chameau au départ du Caire. Tout est possible mais pour cela il faut savoir où vous devez aller et quels sont les moyens à disposition.

De ce coté-là, votre mental ne peut vraiment pas vous aider dans un premier temps car lui, il est fort pour enregistrer des données et les traiter. On en conclut qu’il faut d’abord écouter votre petite voix, votre intuition, votre ressenti enfin bref tous les signaux qui vous parviennent de l’intérieur et ensuite mouliner le tout.

La formule est complexe mais avec un peu d’habitude, on prend le pli assez rapidement. C’est une histoire de confiance en soi, de foi en ses messages intérieurs. Alors dans l’histoire où est notre destin ? La réponse est évidente : il est en nous et c’est nous qui décidons de l’effectuer ou non !

Alors si votre petite voix vous dit de prendre l’avion entre Paris et Rome et que vous préférez prendre le vélo pour des raisons de sécurité, c’est sûr qu’il va falloir du mollet pour traverser les Alpes. Et puis, si vous avez toujours peur du mal de l’air vous prendrez le bateau et ainsi de suite.

Dans cette histoire, votre âme voulait connaître ce qu’était le mal de l’air mais si à chaque fois vous refusez de prendre l’avion, non seulement vous n’arriverez probablement jamais à Pékin de votre vivant mais vous aurez surtout marné pour rien.

Écoutez donc votre petite voix surtout quand il s’agit de vaincre une peur ou une appréhension.

L’objectif de pékin n’est pas important en soi car c’est surtout la manière dont vous allez appréhender le chemin qui s’ouvre à vous.

Vous êtes libre de regarder vos chaussures quand vous marchez mais vous pouvez aussi regarder le paysage, discuter avec les autres randonneurs, partager des moments inoubliables, des sentiments et des amours que vous n’auriez jamais imaginé.

La vie est un chemin de découverte intérieur et extérieur et pour éviter de tourner en rond, notre âme nous donne une direction pour nous occuper l’esprit et surtout nous aider à rencontrer les gens avec qui nous devons partager un bout de chemin.

Par contre, à chaque fois que nous n’écouterons pas notre petite voix, il est certain que le chemin va se rallonger ainsi que les efforts à faire. Nous créons notre propre destin quand nous pensons que c’est notre mental qui nous gouverne. Le pauvre est tellement limité qu’il est bien souvent incapable de vous dire ce qui va se passer sentimentalement pour vous demain.

Votre âme a déjà balisé tout le chemin alors pourquoi lui donner du fil à retordre ? Il y a déjà tant de problèmes autour de nous alors pourquoi en rajouter. Si chacun d’entre-nous suivait son chemin intérieur, il n’y aurait pas besoin de lois, de règlement et de justice. Tout serait fluide mais nous ne voulons en faire qu’à notre tête ! Alors, comme tous les gosses, on se prend des baffes au passage !

Laurent DUREAU

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Tags :article long, confiance, destin, expérience, intuition, objectif, petite voix, philo, qualité humaine, regard, souffrance, temps, tradition

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8 Réponses pour “Le destin n’est pas un chemin, ni même une route…”

  1. Si j’ai bien compris: je mets de côté mes peurs, j’écoute ma petite voix , j’accueille le nouveau et je me laisse porter par ce que je ressens!
    L’expérimentation est pour bientôt! :)

  2. Bonjour Brigitte,

    C’est en essayant que l’on peut savoir. En essayant, on se donne la possibilité d’expérimenter sous un angle différent. De toute façon notre mental essaiera toujours de toutes les manières de nous faire croire qu’il a raison. C’est normal, il n’a pas envie de laisser le pouvoir à quelqu’un d’autre !

    C’est en allant au-delà que l’on peut sortir des chemins de pensées toutes tracées et des croyances limitatives. En se disant c’est du flan, on ne fait que confirmer l’emprise d’un processus de pensée qui ne veut rien changer même si on doit casquer à tous les coups.

    C’est comme la chance ou le hasard, cela n’existe pas au même titre qu’un destin déjà tout écrit. C’est juste une manière de dire : je ne possède pas tous les éléments et donc cela n’est pas ma faute. A chacun sa vision du monde.

  3. Bonsoir. Je viens de découvrir cet article magnifique et je voudrais vous poser une question. Comment faire pour savoir si le métier que je pratique, je l’ai choisi avec ma tête ou ma petite voix ? D’avance merci ( je vous pris de bien vouloir m’excuser pour les fautes d’orthographes on ne peux pas être bon partout :grin: )

  4. Bonjour “Loulou”

    Comme tu peux le constater, j’ai osé corriger les quelques fautes de frappe afin de conserver une certaine tenue aux commentaires.

    Sinon pour ta question, il est impossible d’y répondre car je ne suis pas en possession de suffisamment d’information te concernant pour pouvoir déterminer si c’est ta “tête” qui a pris le dessus par rapport à ta petite voix.

    Par contre, par ton état d’être tu peux le savoir. Si quand tu fais ton “métier”, tu te sens heureux et enthousiaste alors il y a de grandes chances que ce soit ta petite voix qui aie remporté la victoire.

    Au contraire, si ton métier ne te branche pas plus que cela et que quelque fois tu te surprends à trainer les pieds alors il y a de fortes chances que c’est ta tête qui aie eu le dessus !

    Voilà c’est simple ! Sinon, après demain, je vais faire paraître un article sur le “métier” car là aussi, il y a des confusions.

  5. Bonjour Laurent,

    Je viens de réaliser que, jusqu’à maintenant, je n’ai fait qu’écouter ma petite voix, car dès que ma tête intervient, je me mets à douter. J’essaie de trouver ma voie (récoltant beaucoup de baffes au passage) mais je crois être sur le bon chemin :wink:

    Bref, je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer !!

  6. Comme tu le dis, il ne faut pas avoir peur de se lancer. Cela me donne l’image d’une lettre qu’il nous faut lâcher dans la boite aux lettres afin qu’elle arrive à destination.

    C’est comme une pierre qu’on lance. On tente une destination mais une fois que la pierre n’est plus dans notre main, il ne reste plus qu’à prier que l’on ne s’est pas (trop) planter.

    Un bien, c’est un peu la même chose par rapport à nous-mêmes, à nos rêves et à nos envies. Arrivez un moment, il n’y a plus de question à se poser et la discussion est close. Juste à sauter le pas et puis après on verra !

    La vie n’est-elle pas simplement la prise de décision et de passer ensuite à l’action ! Dans tous les cas on recevra quelque chose en retour et c’est là qu’il faudra faire face à nos humbles responsabilités…. :grin:

  7. [...] à sa juste valeur –> L’année du renouveau 9.Restez ouverts à tout –> Le destin n’est pas un chemin ni même une route 10.Sachez vous pardonner –> La souffrance et moi, et moi 11.Sachez vous remettre en cause [...]

  8. [...] Article appartenant au cahier : CA4 - Etre, tout simplement Article précédent du cahier : Management : Quand la peur rôde prête à frapper Article suivant du cahier : Le destin n’est pas un chemin, ni même une route [...]

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