Pour se former… ou se déformer, c’est selon !
Il est clair qu’aujourd’hui la formation prend un pas décisif sur la capacité d’un individu à pouvoir répondre à une demande de plus en plus volatile du marché de l’emploi. A la question classique “C’est quoi votre métier ?”, je réponds par un silence assez pesant.
Pour moi, c’est comme demander à un nourrisson de sexe masculin quel est le type de femme qu’il désirerait quand il aura 20 ans. La question semble déplacée mais en y réfléchissant bien, il vous répondra probablement quelque chose qui ressemblera à sa maman…
C’est vrai qu’avant, on pouvait planifier son métier pour toute la vie. Mais maintenant, qui pourrait affirmer qu’il est convaincu de ce qu’il veut vraiment faire pendant toute sa vie. Est-ce que vous saviez vraiment quand vous étiez adolescent ce que vous vouliez faire ?
C’est, en effet, le principal problème de la majorité d’entre-nous : Nous ne savions pas vraiment vers quoi nous diriger. On a donc décidé sans vraiment décider. On s’est laissé porter par les avis des uns, les desiderata des autres pour en finir avec un diplôme qui scellera à tout jamais votre vie professionnelle.
Aujourd’hui, si l’on vous demande votre métier, vous répondrez instantanément sans vous poser de question, le job que vous exercez au quotidien. Mais est-il vraiment votre métier ? Non, je ne crois pas sincèrement.
C’est seulement une activité que vous exercez avec plus ou moins d’allant. Certes une minorité criera au blasphème mais je sais que la grande majorité exerce une activité qui lui permet de vivre, de manger et de prendre quelques vacances.
En effet, si votre métier est vraiment ce qui vous fait vibrer, alors la joie et l’enthousiasme sont aussi au rendez-vous. Alors exit les 35h, exit les vacances, exit les congés payés, exit les congés maladies car quand on fait vraiment ce que l’on aime, on a la santé et la pêche.
Qui pourrait alors vous contraindre à arrêter ce que vous faites avec tant d’ardeur? Qui pourrait vous dire de prendre des “vacances” où vous vous ennuierez au bout de quelques jours? Qui pourrait vous dire que vous en faites de trop, que vous êtes trop impliqués à part ceux qui ne font pas vraiment ce qu’ils aiment ?
Il n’y a pas photo. Ceux qui prennent vraiment à coeur ce qu’ils font sans se soucier des horaires sont, non seulement, des heureux mais aussi des nantis en capital confiance. Ils savent tout simplement qu’ils sont au bon endroit, au bon moment et à faire ce qu’ils sentent qu’ils ont à faire.
Cela veut-il dire que l’activité qu’ils ont aujourd’hui est leur métier ? Non pas vraiment mais cela donne des indications sur leurs aptitudes qui déterminent pour quel genre d’activité ils sont faits.
Avoir un métier, c’est tout simplement dire dans quel genre d’activité vous exercez sans pouvoir vraiment révéler votre véritable champ d’aptitudes. Si vous êtes un leader né, cette aptitude pourra se révéler dans n’importe quel secteur.
Il en est de même pour ceux qui ont la fibre commerciale, la fibre communicationnelle, la fibre oratoire, la fibre sportive, etc… Avoir un métier, ne vous définit pas. Il ne fait que définir un champ d’activité dans lequel vous exercez mais ce n’est pas vous !
Trop de gens s’identifient à un métier alors qu’ils sont beaucoup plus vaste et souvent beaucoup plus alerte ailleurs. Ne vous laissez pas enfermer dans “votre” métier car bien souvent il n’a pas été véritablement votre choix.
Et ce n’est pas parce que vous le connaissez bien qu’il ne faut pas aller voir ailleurs. Ce qui vous parait banal aujourd’hui paraîtra probablement un cadeau du ciel dans une autre activité professionnelle.
Ne vous limitez pas car déjà tous les autres le font pour vous. Alors quand on vous demandera votre métier ne répondez pas : “je suis xxx” mais plutôt ” Aujourd’hui, je travaille dans l’activité de xxx”.
Ce n’est pas grand chose mais c’est un bon départ pour montrer que vous êtes quelqu’un d’ouvert au monde et prêt à expérimenter dans d’autres secteurs d’activité. Faire bénéficier de ses aptitudes et de ses compétences tout le monde est toujours mieux vu que le spécialiste hyper coincé.
Bien sûr, vous ne savez pas tout et c’est pour cela qu’il existe la formation professionnelle. A cet effet, voici l’adresse d’un site sympa que je vous invite à découvrir. Aujourd’hui, l’instruction se trouve à portée de main mais ce que vous êtes est unique alors ne mélangez plus votre activité professionnelle avec ce que vous êtes.
Laurent DUREAU
Article appartenant au recueil : RC12 - Se former
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Tags :aptitude, article long, automarketing, emploi, métier, vie professionnelle
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Catégorie : 4-Formation

















Bonjour Laurent,
Crois-tu vraiment que quand on apprend un métier, on pense qu’on l’exercera toute sa vie ? Peut-être quelques-uns, mais la grande majorité des jeunes aujourd’hui qui apprennent un « métier » savent bien qu’ils en exerceront plusieurs au cours de leur vie professionnelle. Il n’y a guère que ceux qui ont plus de 40 ans qui ont cru cela ! Et encore ! Déjà à l’époque où moi j’ai « choisi » une filière professionnelle (à la fin des années 70), je savais que les métiers dont l’économie aurait besoin 10 ans plus tard n’étaient pas encore « inventés ». Il est vrai que pour tout un chacun, il n’y a pas vraiment de choix de « métier », mis à part pour certains qui ont une vocation depuis leur plus jeune âge (certainement une bonne écoute de leur petite voix !)
Quelque chose me gêne dans tes propos : j’ai l’impression que quand tu parles d’un métier, tu parles d’une chose apprise pour durer la vie entière, il me semble que pour toi, le métier de quelqu’un c’est sa formation initiale, les techniques particulières qu’il a apprises, le cadre rigide et figé dans lequel il doit être exercé. Il me parait que ta conception du mot « métier » aille plutôt dans le sens de l’apprentissage et l’exercice d’une activité économique subie dès l’adolescence et qui permet de gagner l’argent nécessaire à la survie quotidienne, à la vie quotidienne dans ce monde, un carcan, un cadre étroit dont nous ne voudrions pas sortir par peur de l’inconnu, des remises en cause, des évolutions personnelles et professionnelles ! Je ne voudrais pas entrer avec toi dans un débat sémantique (tu es beaucoup plus calé que moi dans ce domaine !), mais il me semble qu’on peut exercer plusieurs métiers successifs voire même simultanés. Pour moi, exercer un métier, c’est avoir certaines connaissances techniques, certaines compétences pratiques mais aussi avoir développé ou pouvoir mettre en œuvre certaines de ses qualités humaines, celles qui font l’unicité de chacun.
Quand tu parles de se contenter de faire ses « 35h » au travail, de penser aux vacances et aux RTT, j’ai l’impression que tu opposes ton expérience d’indépendant, d’entrepreneur, tes habitudes de vie à celles des salariés. Tu sembles dire qu’ « être entrepreneur » c’est le seul moyen de réellement vivre comme on le choisit. Penses-tu que cela puisse être possible d’exercer chaque activité économique, chaque métier en « indépendant » ? Être chacun son propre « patron » ?
Et penses-tu qu’il soit impossible de choisir sa vie en étant salarié ? Il est vrai que les contraintes sont multiples mais celles d’un entrepreneur ne le sont-elles pas aussi ? Il me semble indispensable dans ma vie d’exercer plusieurs activités, comme tu les appelles. Le fait de ne faire que mes 35 heures dans mon activité de salariée ne signifie pas pour autant que je ne sois pas à l’affût en permanence, dans tout ce qui m’entoure, dans tout ce que je découvre autour de moi, de tout ce qui peut m’être utile dans la pratique de ce métier. Le fait d’apprécier d’être en vacances me permet de me libérer des contraintes de cette activité de salariée pour explorer d’autres pistes et laisser d’exprimer d’autres possibilités. Et choisir de passer une partie de mon temps à exercer une activité qui n’est pas économiquement rentable et ne rapporte pas d’argent, c’est aussi, à mon sens, « s’éclater » et écouter sa petite voix.
En ce qui concerne la formation, j’attendrai ton prochain billet sur le DIF pour en reparler…
En effet Brigitte, le leitmotiv de beaucoup de salarié est de devenir leur propre patron. Et une fois qu’ils ont franchi ce pas, il devient (pour ceux qui ont réussi) très difficile de revenir en arrière.
Cette marche arrière est d’autant plus difficile alors qu’ils ont eu du succès. Alors cela énerve un peu quand ceux qui font 35h se plaignent car une fois indépendant c’est du 2 fois 35h pour ne pas dire 3 fois dans les périodes de pointe !
Entre avoir la maîtrise de ses réussites, mais aussi de ses échecs, ou travailler sous le commandement d’un hiérarchique peu enclin à se soucier de votre personne et de vos demandes, le choix du camp indépendantiste ne fait pas photo.
Dans le futur, le camp des indépendantistes va prendre le dessus sur celui des CDIstes car les entreprises ne seront que des lieux de rencontres pour des chantiers menés en mode projet.
La globalisation mais aussi les contraintes règlementaires feront que chacun devra devenir son propre patron qui fournira une prestation donnée dans un temps donné pour un prix donné. Le futur mise sur l’efficacité, sur le résultat livré et non plus sur une présence horaire avec tous les acquis annexes.
Je sais cela est dur pour ceux qui ont déjà un certain âge mais les nouvelles générations s’attendent parfaitement à ces nouvelles règles du jeu. Chacun donnera de son meilleur pour obtenir ce qu’il désire et il prendra sa chance d’être indépendant dès qu’il le pourra.
En attendant, casque sur les oreilles, il attend que le monde d’avant, le monde des anciens disparaissent avec ses lois contradictoires. Il veut le fun et se fout de sa retraite, de la famille et de ce que l’on pourrait appeler sa patrie.
[...] appartenant au recueil : RC12 - Se former Article suivant recueil : Pour se former… ou se déformer, c’est selon! Article précédent : Plafond de verre, dites-vous [...]