Quand le DIF décollera, les poules auront des dents !
Tous les organismes de formation se cassent les dents sur cette histoire de DIF. Quand vous leur en parlez, vous avez l’impression qu’ils ont vu le diable. Il faut dire qu’un grand nombre se sont fait méchamment griller leur trésorerie.
Cela ressemble à la conquête de l’ouest où les miséreux rêvaient d’or. Et puis au final la majorité d’entre eux y laissèrent leur peau tandis que les autres survivants étaient marqués par des rides si profondes que l’on pouvait voir instantanément qu’ils avaient connus l’enfer.
Eh bien, c’est à peu près la même chose pour le DIF. L’espérance d’un filon mais seul les vendeurs de matos et les croquemorts ont fait fortune ! On comprend que les survivants soient un peu chatouilleux et critiques quand des nouveaux veulent se lancer dans l’aventure.
Personnellement, et à l’image de tout entrepreneur qui se respecte, j’ai sauté sur l’occasion avant même qu’un banquier puisse sentir la bonne affaire. C’est dire que j’ai été rapide ! Et puis les années ont passé et mes mains sont devenues calleuses à force de travail et de labeur.
Lui, le banquier, peinard derrière son comptoir, ne fait que rajouter intérêt sur intérêt sur les quelques crédits que j’ai fait. J’en ai donc conclu que le seul métier au monde qui peut survivre à tout c’est d’être un banquier. Ceci explique en grande partie la misère du monde.
L’usurier est celui qui précède le croquemort mais assurément ils appartiennent à la même famille : celle des vautours. Alors quand un vautour se presse à votre porte pour faire des affaires, sachez que vous commencez à sentir la décomposition…
Revenons à notre fameux DIF ! Cet espèce d’utopie dont une grande partie des bénéficiaires ignore l’existence parce que leur employeur fait tout ce qui est possible pour botter en touche. L’Etat et les syndicats font de même mais à leur manière.
1 - Le DIF ne décolle pas parce que tout simplement les moyens de son financement n’ont pas été franchement établis et clarifiés. Donc tous ceux qui peuvent se défiler le font avec une extrême célérité. En effet, pourquoi payer quand on peut l’éviter ? Il faut franchement être à coté de la plaque pour être celui qui crache au bassinet.
2 - Une logique d’accumulation a été mise en place et cela sur 6 ans. Alors qui paierait en avance des traites qu’il peut repousser jusqu’à la dernière date limite ? Les patrons sont ce qu’ils sont mais ils ont appris à gérer leur trésorerie et franchement personne ne viendra s’en plaindre sinon probablement l’entreprise n’existerait plus !
3 - Comme il y aura toujours une frange de la population salariale qui aura accès à cette information (les cadres pour ne pas les nommer), les premiers bénéficiaires s’accaparent la globalité des ridicules budgets formations. Or généralement ce sont déjà eux les plus formés ! Cela ne fait que confirmer l’adage : ” les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent”.
4 - Le DIF fût mis en place pour développer l’employabilité surtout pour ceux qui sont en zone de précarité. Or aujourd’hui, on voit que ce sont les plus formés qui en bénéficient le plus. Il y a donc un petit quelque chose de pas normal me direz-vous !
Voyons donc les conséquences des 4 points précédemment cités.
A - Le simple fait d’attendre que les compteurs se bloquent à fond avant d’agir va avoir pour conséquence une impossibilité certaine pour les entreprises de pouvoir payer la facture surtout quand on connaît l’environnement économique d’aujourd’hui.
B - Cette impossibilité va entraîner une réduction drastique des tarifs normaux pratiqués par les organismes de formation. Les survivants vont donc souffrir encore plus ! En effet, les entreprises vont vouloir faire un maximum de formations en intra c’est-à -dire dans leurs locaux en n’ayant à payer qu’un formateur.
C - On va donc voir une guerre des formateurs solo contre les centres de formations classiques. En clair, à ce jeu-là , on va voir apparaître des quantités astronomiques de gens qui se diront formateurs alors qu’ils sont à peine capable de parler en public.
D - Cela va avoir pour conséquence le pourrissement du marché en attendant une régularisation naturelle à l’image de la vague internet du début du siècle. Il y aura quelques gagnants pour beaucoup de perdants. Malheureusement cela va considérablement refroidir les états majors des entreprises sans compter ces pauvres stagiaires désabusés.
E - Par précaution, les stages acceptés par la direction seront des stages qui se rapprocheront de stages métiers qui normalement appartiennent au plan de formation continue et non au DIF. Viendront ensuite tous les stages que l’on classera dans le “développement personnel”. Pêle-mêle cela donnera l’étude de langues étrangères, l’utilisation de l’informatique de base et quelques cours basiques pour mauvais élèves en calcul et en orthographe.
Alors que faire devant ce calme avant la tempête ? Eh bien je dirais prendre les devants en vous informant suffisamment et surtout en ayant déjà une bonne idée de ce que vous aimeriez prendre comme formation. A cet effet, je vous mets quelques liens qui j’espère vous seront fort utiles.
Forum sur le DIF : Vous y trouverez une quantité incroyable d’information mais vous pourrez surtout y laisser quelques questions.
Evolution de la formation avec présentation du projet devant le Sénat. Puis un petit article du Figaro sur l’utilité de la formation professionnelle.
Enfin un dernier document téléchargeable ici dont je ne me souviens pas comment il a atterri sur mon disque dur et qui concerne les droits au DIF.
Bien, je vous dis au prochain épisode car c’est sûr que le DIF va encore faire parler de lui !
Laurent DUREAU
Tags :5-Formation, dif, entreprise, rh, stage
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