Quand la CCI déroule son savoir-faire
Ça ne bricole pas à la CCI de Paris. Parfaitement préparé, comme huilé, ce type de manifestation semble être comme un salon professionnel où chacun est accueilli par une hôtesse hyper charmante (et mignonne en plus) qui vous remet un sac plein des documents essentiels.
Le premier document est le programme avec les 9 conférences d’ une heure chacune, avec le nom des conférenciers, leur fonction et leur société puis d’ autres rubriques pour les lieux de rencontres et d’ échanges. On ressent de prime abord une grosse expérience dans l’ élaboration de la plaquette.
Le second document est un exemplaire du magazine Passer le relais du mois de novembre où l’ on retrouve quelques chiffres intéressants. Par exemple, il faut 10 à 11 mois pour qu’ une reprise se fasse par une personne physique ou morale. Le cédant a 56 ans, alors que le repreneur en a 45. Ceci est une moyenne, bien sûr.
Juste avec ces chiffres, on constate qu‘un repreneur est dans la phase où on commence à le rejeter dans son entreprise et qui désire faire un baroud d’honneur avant d’atteindre la retraite. Le cédant étant celui qui part quasiment à la retraite. Intéressant, n’est-ce pas ?
Loin d’être simple, je constate que les quelques conférenciers font plutôt dans la technique juridique avec tous les pièges à éviter mais aussi toutes les ficelles de telle loi ou telle loi, souvent au nom d’un ministre… Tout cela est forcément ponctuel puisque, vu la valse des ministres, ce qui est valable en 2008 ne le sera pas en 2009, ou du moins dans un délai raisonnable.
Le côté fiscal n’est pas à la ramasse non plus, en démontrant comment faire pour ne pas se faire plumer par le fisc. Je conçois que le prix de vente d’une entreprise dépasse le prix indiqué sur les étiquettes du supermarché et on se retrouve très vite à vouloir devenir un « fraudeur » en toute légalité par une presque nécessité viscérale.
Compte tenu des différents traquenards qui attendent aussi bien le vendeur que l’acheteur, la CCIP a développé deux offres distinctes pour accompagner les propriétaires, soit d’un commerce soit d’une entreprise. Deux dépliants cartonnés hauts en couleurs font partie des documents remis.
Pour enfoncer le clou et pour démontrer que c’est loin d’être simple, le dernier document que j’apprécie beaucoup est un livret très didactique qui reprend toutes les facettes de la transmission ou du rachat d’une entreprise. Il a pour objectif de faire poser les bonnes questions.
A sa lecture, on réalise assez vite que la CCIP sait de quoi elle parle ! Je dirais que c’est préférable car sinon à qui pourrions-nous nous référer véritablement ? En effet, au vu des nombreux stands des prestataires, on peut imaginer facilement qu’il y a du beurre à se faire dans ce genre d’opération.
D’un côté, le vendeur veut faire que la mariée soit belle, tout en cachant les casseroles. Et de l’autre côté, le repreneur doit être le suspicieux dans toute sa splendeur, tout en tentant de faire baisser le prix de vente. En clair, personne ne veut se faire avoir ! Pour cela, une pléthore de prestataires font pour que cela se passe bien, tout en prélevant un petit quelque chose au passage.
Point besoin d’être sorti d’une grande école pour comprendre que quelques réunions doivent ressembler à une foire d’empoigne où l’émotionnel doit sérieusement faire le yoyo. Bref, vendre ou racheter une entreprise ne doit pas être de tout repos. C’est loin d’être de l’immobilier !
Aujourd’hui, compte tenu du remue-ménage financier de la planète et de ses conséquences économiques, je ne vois pas comment on peut sincèrement estimer le futur d’une entreprise. Le second point est qu’un certains nombre de cédants vont avoir de désagréables surprises quant à l’estimation de leur boîte.
De plus, la vague du papy-boom fait qu’un grand nombre de cédants se retrouvent en même temps à vendre. Les prix vont chuter bien que vous soyez parmi les meilleurs. Bref, il risque de manquer de repreneurs et les volontaires vont se faire plus agressifs… Les marges vont donc là encore souffrir.
Bref, outre tous les autres problèmes connus, le moindre vice de forme dans la procédure et il faudra tout recommencer ! Alors création d’entreprise ou reprise d’entreprise ? C’est là tout le problème, car un repreneur doit gérer un existant qu’il va essayer de faire perdurer alors que le créateur doit tout faire et tenir en attendant que les bons de commande rentrent.
Ce n’est pas le même profil ni même les mêmes aptitudes qui sont demandés. Alors entrepreneur ou repreneur ? Moi, je préfère créer, car faire la vaisselle n’a jamais été mon fort. Je préfère la page blanche à celle trop griffonnée, trop raturée et pleine de tampons rouges, noirs ou bleus de nos chères administrations…
Laurent DUREAU
Article appartenant au recueil : RC25 - Les journées de l’Entrepreneur 2008
Article suivant recueil : En avant, les femmes !
Tags :actualité, aptitude, création d'entreprise, entrepreneur, entreprise, expérience, risque
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